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J'attendais un 4ème visionnage du film avant de me lancer dans sa critique, mais le couperet est tombé il y a deux semaines: il n'y aura pas de 4ème fois, au cinéma en tout cas.

Puisque au petit cinéma où j'ai l'habitude d'aller et qui diffuse régulièrement des films outsiders que personne ne va voir, on m'a répondu que non, ils ne passeraient pas Les Misérables parce que la critique n'avait pas été bonne, qu'il n'avait pas eu assez de succès et que de toute façon ça chantait trop...

Ca c'est une critique qui revient régulièrement et qui me fait plutôt marrer: ça chante trop. Ben, c'est un peu le principe d'une comédie musicale, non? C'est un peu comme si on se plaignait qu'il y avait trop d'abdos dans un porno gay.

Bref, à mon tour de donner mon avis. Mais comme vous avez pu remarquer que j'ai eu l'occasion de voir le film 3 fois, vous imaginez un peu de quel côté celui-ci va s'orienter.

J'ai trouvé ça carrément trop bien! Réussi, épique, émouvant et avec des interprétations bien adaptées pour le cinéma. Néanmoins, il ne m'a pas soutiré les larmes escomptées, même si ce ne fut pas le cas de tout le monde... La faute à cette distance créée par l'écran, ou le manque d'un orchestre, là, sous nos pieds?

Bien sûr le film comporte quelques défauts, et je ne vais pas faire dans l'originalté en les citant: le Paris en carton pâte semble effectivement tout droit sorti d'une reconstitution de parc d'attraction et l'abus des maxi gros plans (oui, on aurait été tout autant émus par l'interprétation d'Anne Hathaway sans la morve au nez et oui, quand l'écran est intégralement occupé par le front, le nez et la bouche de Russel Crowe c'est too much) lasse un peu.

A côté de ça j'ai trouvé les interprètes exceptionnels! Anne Hathaway bien sûr, mais partout sur le net on a assez souligné sa prestation. Hugh Jackman aussi mais là c'est presque sans surprise j'ai envie de dire. Et Russel Crowe! Oui, Russel Crowe. Le pauvre s'en est pris plein la figure. Alors parce qu'il n'est pas chanteur à l'origine il n'aurait pas le droit de s'y essayer? Moi, je ne savais pas qui c'était. Et quand on me disait "mais si, c'est le mec que Gladiator!" et bien ça ne m'avançait pas plus que ça. C'est donc vierge de toute opinion que je suis allée à la rencontre de ce Javert atypique. Et il m'a séduite. Parce qu'il était atypique justement. Plus nuancé, humain et avec une voix comme on n'a pas l'habitude d'entendre pour un Javert. Plus suave, avec des intonations rock, comme s'il cherchait à nous charmer. Et ça a marché sur moi! "Stars", chanson qu'habituellement je zappe toujours, est devenue l'une de mes préférées du film.

Et puis il y a eu Eddie Redmayne dans le rôle de Marius. Un visage (une bouche!) incroyable où chacune de ses tâches de rousseur semble être une promesse de bonheur... Mais la voix, bof. Ah, difficile de tout avoir!

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Surtout quand on tient l'affiche aux côtés de Aaron Tveit! Là pas besoin de me faire un dessin à moi. Et quand la plupart des mortels n'ont jamais entendu ce nom, moi je leur réponds "mais si, c'est le mec de Next to Normal!". Et c'est à leur tour de ne pas être plus avancé.

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Et sous ses étonnantes boucles blondes, il nous offrait un Enjolras parfait, tel qu'il devrait toujours être interprété.

Enfin, dernier personnage phare des Miserables: Eponine, ici jouée par Samantha Barks. Bluffante lors de sa prestation au concert des 25 ans des Miz, j'ai trouvé que malgré sa beauté sauvage, elle manquait un peu de relief dans la version cinématographique. Mais pas forcément du fait de sa performance mais plutôt de celle du changement d'ordre de certaines scènes. L'accent étant plus mis sur l'idylle naissante entre Marius et Cosette que sur la dévotion d'Eponine pour Marius, "On my own", chanson où elle se rend compte qu'elle se meurt d'amour en vain pour Marius, tombe un peu comme un cheveux sur la soupe.

Mais je ne vais pas passer en revue l'intégralité du casting, certains rôles étant plus anecdotiques que d'autres. Retenons surtout que globalement j'ai apprécié tout le monde et que j'ai trouvé amusant de chercher (en vain) des têtes connues en arrière plan mais de reconnaître malgré tout quelques noms au générique qui ne feront écho qu'à une poignée d'initiés, comme ceux de Gina Beck ou Hannah Waddingham. Comme une sorte de private joke de geeks des comédies musicales!

Reste plus maintenant qu'à attendre la sortie du DVD le 18 juin prochain. Ou de craquer pour le combo blu-ray/DVD/digital copy/ultraviolet déjà sorti aux USA. Même si en matière de film, je n'ai pas la moindre idée de ce que peut bien être un "ultraviolet"...