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Grâce à un coup de Q, à mes adorables élèves et à une forte mobilisation de mes amis facebook j'ai donc remporté le concours cité dans l'un des posts ci-dessous et ainsi aller enfin voir Avenue Q à Paris.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que quand ils offrent des places, ils ne se moquent pas de nous. Parce que d'une part, j'ai eu des places au 4ème rang et que d'autre part, j'étais assise à côté Lorent Deutsch (avec qui j'ai partagé un accoudoir, donc), devant Jean-Luc Lahaye. Comme ça j'ai pu vérifier si mon radar à people était toujours opérationnel et oui, il l'est, même si là on tapait dans du people moins underground que d'habitude, du coup c'est vrai que c'était un peu facile et il faudra donc que je le reteste ultérieurement dans des conditions moins optimales.

Alors, cette adaptation française? Une pure réussite! Avec des défauts, certes, comme n'importe quel show, original ou adapté, mais en tout cas, rien qui ne puisse décevoir la connaisseuse que je suis (c'est pas que je me la pète, mais j'ai quand même vu le show à Londres 6 fois avec 6 casting différents et une fois à Broadway, 'scusez du peu!).

Déjà, quel plaisir de ne pas avoir eu droit à une adaptation au rabais. La musique? Un orchestre! Caché pendant le show, forcément, du coup on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit remplacé par une bande son mais non, il est bien là, en vrai! Les marionnettes? Là j'avais peur. Pendant toute leur promo à la télé (et même sur l'affiche d'ailleurs), les interprêtes trimballaient des peluches vaguement ressemblantes mais qui tenaient plus du jouet pour chien que de la star de Broadway. Ouf! Ce n'était que des marionnettes provisoires! Les "véritables" artistes en peluche avaient laissé le soin aux doublures de faire le sale boulot pour assurer sur scène aussi mignonnement que leur collègues anglo-saxons.

Maintenant, le sujet qui pourrait fâcher: l'adaptation. Ben oui, mais non. On ne se fâchera pas, en tout cas pas moi. Parce que Bruno Gaccio signe une adaptation française qui colle à la fois au spectacle original et à son intégration dans notre actualité. Petit bémol tout de même pour la traduction de la chanson "I wish I could go back to college" qui perd tout son côté second degré pour ne devenir qu'une simple chanson nostalgique. Ainsi ici et là on notera quelques différences notables avec la version d'origine comme le concierge qui n'est plus Gary Coleman qui jouait Arnold dans Arnold et Willy mais Willy, le personnage du frère d'Arnold dans Arnold et Willy (vous suivez?), ou comme le personnage Kate Monster, bien plus étoffé.

Kate Monster, justement parlons-en. La particularité du spectacle est d'avoir plusieurs artistes qui interprêtent certains rôles en alternance. Ce soir-là, c'était Prisca Demarez qui campait le rôle de la petite monstresse et a fortiori celui de Lucie la Salope. A merveille! Dans un registre, comme dans l'autre. Peut-être l'une des meilleures Kate/Lucie qu'il m'ait été donné de voir avec Julie Atherton. Mais une autre demoiselle tire aussi son épingle du jeu: Alice Lyn dans le rôle de Tatami (Christmas Eve, en VO). Loin d'être mon personnage préféré, c'est habituellement ses apparitions que j'aime le moins, tandis que je m'ennuie presque pendant la chanson "The more you ruv someone". Mais là! Alice Lyn réalise un cocktail explosif d'hystérie, d'autoritarisme, de force, de lucidité, d'humour et...de beauté. J'ai savouré chacune de ses apparitions avec délectation!

Alors oui, Avenue Q, la version française, c'est réussi. Mais ça s'arrête dans 10 jours. Et je savais bien qu'à me replonger dans l'écriture de cette critique ça me donnerait la furieuse envie de retourner dans le quartier. Mais là ça va être un peu short. Allez, je sais bien que c'est trop facile mais, je le dis?

Ça craint d'être moi! ;-)

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