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Je ne savais pas grand chose sur Les Indifférents avant d'aller voir le spectacle, mais j'en savais assez pour avoir très envie de le voir : comédie musicale, fortement inspirée de Rent, plutôt pas mal...

Et le spectacle a été à la hauteur de mes espérances parce que j'ai carrément a-do-ré !
Pourtant d'extérieur, ça ne paye pas de mine.
Déjà, il faut aller se perdre en banlieue, à Vincennes, pour trouver le théâtre qui n'est pas vraiment un théâtre d'ailleurs mais un "espace culturel". Et puis avec l'affiche qui semble avoir été dessinée par les élèves de seconde B en cours d'arts plastiques, on a un peu l'impression de se rendre au spectacle de fin d'année des élèves d'un lycée (on ne se moque pas, il y a des lycéens qui font des trucs très bien).

Mais une fois le spectacle commencé, envolés tous les a priori. L'ouverture à elle seule suffit à se rendre compte que le spectacle est porté par des professionnels et que ouh la la, ça va être bien !

"Six mois de la vie de cinq personnages qui se sentent discriminés :
Une grosse, un bègue, une noire, un fumeur et un travesti.
Six mois pour découvrir qui ils sont vraiment, ce qui les relie et ce qu'ils cachent.
Pourquoi Vincent s'est-il remis à bégayer en ouvrant son courrier ?
Comment Macha, que personne ne reconnait plus, a pris 25 kilos ?
Quelle partie refoulée de la personnalité de Stéphane l'empêche d'arrêter de fumer ?
Pourquoi Béatrice refuse-t-elle de parler de ses origines ?
Quelle fêlure se cache derrière l'exubérance et les faux seins de Matthieu ?
Ces cinq "différents", apparemment choisis au hasard, vont réaliser petit à petit que leurs destins sont liés et, en se confrontant les uns aux autres, feront le plus belle des découvertes qui soit : eux-mêmes.
Une comédie musicale joyeuse, urbaine et survoltée sur le thème de la différence."

(source : www.lesindifferents.fr)

J'ai aimé cette histoire qui parle de la différence sans sortir les violons, sans aspect politique ni avalanche de bons sentiments. Avec des mots simples et des situations d'aujourd'hui.

La mise en scène du spectacle, signée Stéphane Cottin, est remarquable !
Seuls 5 boîtes géantes en plexiglas constituent le décor. Mais modulables à l'infini et exploitées à l'aide de projections vidéo, elles se transforment en coin de rue, cabinet de psy, avant de voiture, siège de métro, etc... On y entre, on en sort, on s'y enferme. Bluffant ! Et suffisant.
Mais pour moi, le meilleur dans ce spectacle, c'est les chansons.
J'ai été comblé, il y en a plein, avec des thèmes qui reviennent et des interactions entre les personnages, pas d'enchainement de solos ennuyeux, mais des voix et des mélodies qui s'entremêlent. Tout comme j'aime !
Manifestement, Camille Turlot (livret) et Eric Szerman (musique) n'en sont pas à leur premier coup d'essai puisqu'ils ont déjà écrit ensemble Epouse-moi auparavant. Je ne sais pas ce que ça donne, je n'en avais jamais entendu parler avant. Mais Les Indifférents j'adore !

Faut dire que le casting est lui aussi des plus réussis ! Tous sont justes, autant dans l'interprétation des chansons que dans leur jeu d'acteur.
Tous.
Bon allez je les cite : Nelly Célérine, Virginie Bracq, Emmanuel Curtil (le fameux ! La voix du doublage français sûrement la plus connue !), Camille Turlot (on pourrait penser qu'il en fait trop, mais les Drag Queen en font toujours trop !) et... et... et... Fabrice Fara qui, en plus d'être parfait dans le rôle de Stéphane le fumeur, a un petit côté "boy next door" tout mignon et très attachant.

Cette fois, je n'ai lu aucune critique tentant de les encenser en évoquant une comédie musicale digne de Broadway. Et moi justement pour une fois, je trouve qu'il y a là-dedans, un côté Broadway malgré tout.
Bon Off-Broadway, essentiellement, un peu comme un mini-Next to Normal ou un mini-Rent (et en effet, le référence à ce show est plus qu'évidente!), mais quand même, un petit quelque chose.
Qui ne m'a pas laissée indifférente.